Inner City Blog


The pilgrim

On remet un disque d’Otis Redding comme on retourne à Rome, avec des sandales de pèlerin. Une jubilation sourde, une densité puissante et magnétique, une sorte de possession angélique et païenne s’empare de la scène lorsqu’il chante, une sévère harmonie religieuse… Mais il y a aussi, c’est vrai, toujours eu quelque chose de triste, d’un peu funèbre, dans la mélancolie éraillée de ce fils de pasteur à mi-temps de Géorgie, comme le parfum d’encens qui flotte après les cérémonies à Trinita-dei-Monti.

Du reste, cet extrait d’une émission de télévision diffusée en direct dans la soirée du 9 décembre 1967 ne me contredira pas. Le lendemain après-midi de cette performance, Otis Redding et ses Bar-Kays ont perdu la vie dans un accident d’avion. Seul le trompettiste Ben Cauley, ici au fond à droite, avec des accents mexicains dans le souffle, a miraculeusement survécu au crash. Le bassiste James Alexander avait pris un autre avion.

Tous deux inventeront la funk moderne quelques années plus tard, toujours sous le nom des Bar-Kays, mais moulés dans des costumes inouïs et coiffés d’immenses afros décolorés.


2 commentaires so far
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Double like!

Commentaire par Clochette

[…] les Bar-Kays ne sont pas tous morts dans le crash de l’avion d’Otis Redding. Ben Cauley fut même le seul survivant, tandis que James Alexander n’était pas dans […]

Ping par Funky survivors « Inner City Blog




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