Inner City Blog


Wonderchica
28 mai 2010, 12:09
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Quelle qualité avait « Wanderléa » Charlup Boere Salim, animatrice de télévision et starlette du Rio des années 60, sinon une belle tête de blondinette du sud brésilien, une voix mutine qui lui valut le surnom de « petite chérie » (Ternurinha, après que son premier tube était intitulé « Ternura ») et un sens du murmure swingué né dans les clubs du sertão ? Aucune en tout cas ne lui valut la postérité, malgré cet irrésistible « Mané João » qui ne raconte pourtant rien d’intéressant, mais qui coule comme du miel dans nos oreilles avides de plages.



Funky survivors
25 mai 2010, 3:04
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Non, les Bar-Kays ne sont pas tous morts dans le crash de l’avion d’Otis Redding. Ben Cauley fut même le seul survivant, tandis que James Alexander n’était pas dans l’avion.

Quelques recrues nouvelles et une poignée d’années plus tard, ils paradaient même au grand stade de Los Angeles où, en 1984, un homme en jet-pack atterrira devant des caméras venues du monde entier, pour donner le titre éponyme, comme on dit, du nanard « Son of Shaft » tournée l’année précédente et qui fit un bide mérité. Ils sont même encore vivants et continuent de tourner autour du génie, sans jamais vraiment l’atteindre, mais avec des costumes merveilleux.



Boxing angel
24 mai 2010, 10:07
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Même dans le doute, les performances publiques d’Otis Redding rassurent au moins sur un fait. Les plus scrogneuneus des amateurs de soul pourront toujours y retrouver les montées progressives vers les cieux des églises du bassin du Mississippi, la sauvagerie câline de leurs premières amours et l’incompréhensible swing des clubs de Chicago. Que demander de plus à un disque posé sur une platine ? Ah oui, une gueule d’ange-boxeur et un destin tragique.



A serious widow

Rien de particulier à dire sur cette femme, sinon que son nom de scène, Vicki Anderson, est aussi anodin que son nom de naissance, Myra Barnes, qu’elle est la veuve de Bobby Byrd et que James Brown la considérait comme la meilleure chanteuse de soul qui ait jamais foulé notre vallée de larmes.

L’hymne féministe livré ici est son accomplissement. La voici un peu éloignée du micro, haussant le ton avec défiance, avec cette démarche chaloupée qu’ont ceux qui connaissent leur valeur, drapée dans sa féminité, Myra « Vicki » Barnes « Anderson », ou quel que soit son nom…



Funk for God

L’œucuménisme n’est pas exempt de sens du groove, ainsi que le prouvent ici Bala Miller & the Great Music Pirameeds of Afrika, un groupe haoussa qui fit se déhancher, dans les années 70, le nord musulman du Nigeria.

Sans doute le fait qu’ils chantent ici « La Volonté de Dieu » (Ikon Allah) était-il aussi, pour ces chrétiens du coin, une façon de s’assurer une place dans les clubs musulmans de la région… Mais n’était-il pas une façon de dire, par anticipation, qu’il est consternant que, désormais, dans les soap-operas à l’eau de rose et hilarants tournés à Kano aujourd’hui, dont les DVDs se répandent comme une traînée de poudre dans tous les « maquis » d’Afrique de l’ouest, il soit interdit de s’embrasser ?



Cold times

Tous les héros ont été tués ou trahis, ainsi va la politique pour beaucoup, surtout pour la plupart de ceux qui n’acceptent pas que la politique se pratique en rafales, par épisodes, moment après moment, victoire et défaite, la vie et la mort n’étant que des moments de l’ascension ou de la chute, l’abandon était souvent le seul point final qui offre la victoire à l’adversaire et le recul un geste tactique autant que l’avancée.

Ainsi Gil Scott-Héron, dans sa plus belle chanson avec Brian Jackson à mon avis, avoue-t-il ici, pour nous aussi en 2010, que « personne ne se bat parce que personne ne sait quoi dire ».



Fable of the frog & the brute

Une rencontre de hasard entre Ben Webster et Oscar Peterson fait surgir du mange-disques de petits monuments, de sublimes historiettes à ne surtout pas raconter aux enfants.

« The Frog » et son saxophone-poumon est l’un des rares solistes à avoir pu accompagner avec pudeur la voix brisée de Billie Holiday. Est-ce pour échapper aux relans de whisky et d’héroïne qu’il a émigré au Danemark, où sa tombe est régulièrement fleurie, ou pour dire merde à une Amérique blanche en nœud papillon ?

« The Brute » et son piano de chat de gouttière irrévérencieux, resté fidèle au ghetto canadien qui l’a fait naître, est sans doute venu jouer avec lui ce jour-là pour dire merde gaiement. Merde aux non-fumeurs, merde aux siroteurs de Martinis-on-the-rocks, merde à ceux qui parviennent à ne pas sourire en écoutant ce blues-là, merde après tout, le jazz est bon quand il est partagé comme la boîte de sardines de deux vagabonds.