Inner City Blog


Balance and revolt
Sans doute n’y a-t-il que le big man Cannonball Adderley à avoir saisi la mesure de la question, pourquoi me traite-t-on si mal, oui pourquoi, écoutez-le un peu avec son quintet de faunes, les Joe Zawinul, les Yusef Lateef, les Sam Jones, les Louis Hayes et son frère Nat. A bon droit, il rendait à Roebuck « Pops » Staples ce qui lui était dû : la nudité du groove et la question politique. L’équilibre et la révolte. La perfection.

Mais tout cela n’était pas assez clair pour les maisons de disques, à l’évidence. Le gras joyau du big man est tronquée partout, ici de son introduction parlée, essentielle, noire, lourde, là de ses chorus, tordus, merveilleux, ironiques, sur toutes les compilations prétentieuses où il figure, sur tous les agrégats à usage salonard que des petits blancs étriqués ont tricoté pour leurs semblables. Il faut revenir à la source, à Pops Staples et ses filles. Et pour jouir de la version de la famille Adderley, se perdre quelques heures dans l’album éponyme.

Tout redeviendra clair, alors. Le jazz est une subversion.



Badass fairy godmother
1 juillet 2011, 12:47
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Chocolat, brûlé, bois. Roussi, châtaigne, brun. Le café s’écoule d’un trait raide et sombre dans le verre. Le bruit sec du chocolat se brise sur les dents. Une poutre de chêne noir traverse un mur blanc. Le bras posé de Pam Grier chauffe, sur la plage, l’été.

Roy Ayers revient souvent ici. En locomotive, en machine volante, sous forme de fumée. Cette fois, c’est sous la forme d’une affirmation, brute, simple, groovy comme le film qui lui a donné naissance, où la panthère noire de Harlem soldait ses comptes, jadis, comme naguère, vieille école, avec une pétoire et des jambes rêvées.