Inner City Blog


The wizard

Hermeto Pascoal est dingo, albinos, brésilien, multi-instrumentiste et sentimental. Un satyre farceur débarqué à Recife en 1950 du bled d’Arapiraca, caillasse perdue dans la savane de l’Etat d’Alagoas, avec dans le dos une guitare et un accordéon sur lesquels il tricotait comme un virtuose.

Dès lors, lorsque o bruxo, le sorcier jaune, Hermeto-le-mage a déboulé dans les parages, Miles Davis a par exemple été contraint de saluer « le musicien le plus impressionnant du monde ». Et tout le reste est à l’avenant.

Les divagations de son père édenté, les soupirs flapis d’un cheval ou les bulles d’une flûte sous l’eau ont aussi bien servi de fondation à ses chansons. Pardon : à ses incantations enchantées autour desquelles volettent de minuscules femmes nues ailées.



Be wild
22 août 2011, 8:42
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Le message est celui-ci, donc : pas d’ordre, pas d’origine, du bordel, des racontars, des complaintes, des célébrations et des souvenirs. Or, donc, la cocaïne… L’âme damnée des petits orphelins blancs livrés à la dame blanche, leur mère. Le démiurge génial et malfaisant des sambistas de Rio. Le diable pervers et secret des vendeurs d’armes, des banquiers et de leurs larbins.

Wildcookie livre donc ici son psaume, parfaitement conforme aux règles ci-desssus, impeccable foutoir convoquant le chaloupé de la Caraïbe, le grincement du blues et la galerie des ancêtres de la scène noire des 70s, dites ceci comme vous voulez. Il s’agit donc d’un manifeste des libérations.



Southbound
10 août 2011, 8:51
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Je disais, il y a tout juste un an, tout le mal que je pensais de l’espoir. Mais l’impatience, c’est autre chose. Pour elle, le bonheur est vivable, là, dans la rue d’à côté. Le paradis approche toujours, avec ses toits de tuiles, son hérissement d’antennes dans le ciel pur, la grande mer accotée et les jardins de bougainvilliers au-dessus des murets. On prend la route et il apparaît entre les lacets. On n’y est pas encore et pourtant… Les vitres baissées, le vent tiède frappe comme un bourdon. S’installer n’est rien, c’est arriver qui comble.

C’est Al Green qui a allumé la mèche, avec ce « Simply Beautiful » qui est sans doute l’ultime soupir d’amour viril. Hier soir, chez moi, le révérend a déplié la carte du Sud. Montré le chemin. Ouvert les nuages pour laisser passer le soleil du matin. La valise est faite. Comme Blaise Cendrars, il faut siffler son chien et viser la Méditerranée, notre grande sœur.