Inner City Blog


Finance nothingness
5 juillet 2012, 9:48
Filed under: Soul | Étiquettes: , , , , , , , ,

Il y a de quoi en avoir assez, de l’argent. Je connais des hommes, des incapables, des inadaptés, des rêveurs baudelairiens dans Athènes en crise, des râleurs aux poches crevées à Paris, des punks sentimentaux, des Américains renégats, qui mériteraient qu’on se cotise pour eux. Nous tous, un euro chacun par an. Pour qu’ils puissent vivre de bouts de pain et de fromage, de draps propres, de contemplation de filles et de monuments splendides, tant qu’il est bon que cela se fasse ainsi. Ils ne viendraient peut-être nous embarrasser qu’avec un peu d’art, un je ne sais quoi de beauté, trois fois rien de splendeur, à la rigueur.

Mais que Barrett Strong ait tricoté seul ce tube tout de guitare surf, de chœurs façon Ray Charles et ses Cookies, de voix de papier de verre, avant d’écrire Through The Grapevine, War, Ball Of Confusion et Papa Was A Rollin’ Stone, est un scandale. Que les Lennon-McCartney et la bande aient su en tirer le suc est difficile à admettre.

Nous autres, nécessairement, nous devons être des paresseux. Je ne vois pas d’autre explication.



The Prince of California
29 novembre 2011, 7:19
Filed under: Funk, Jazz, Télévision | Étiquettes: , , , , ,

Réveillez-vous, le jazz funk n’est pas mort et vous non plus. Le temps de mettre un peu de charbon bien noir dans sa locomotive groovy, le nouveau venu Gregory Porter, puissant prince renégat de Californie, nous le rappelle. Le véhicule royal de « 1960 What ? » avance sur ses turbines dorées sans se soucier de nos excuses. De nos paresses. De nos résignations. Un peu de pureté souveraine dans ce monde de chats ingrats, enfin.



Grace and complaints
5 juin 2011, 8:35
Filed under: Blues, Télévision | Étiquettes: , , , , , , , ,

L’orage brutal flashe sur les toits. Dimanche s’endort interminablement. Mon frangin est laid, grince dans son harmonica et se plaint sans arrêt. Il sent l’eau de Cologne et la cigarette. Mais il a de la grâce en s’avançant, son instrument dans sa grande main tordue et son rictus édenté offert aux belles femmes qui, sobres, sont encore lucides. Mon frère Sonny Boy Williamson se plaint des frangines. Je me tais.