Inner City Blog


Kinky new year
31 décembre 2011, 4:05
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Après une année épouvantable, voici enfin la conclusion, la fin, le temps de l’autre temps.

On souhaitera volontiers aux volontaires réunis ici d’envoyer enfin paître les bigots de tous acabits, de renoncer aux crèmes trop musquées de la bourgeoisie, de cesser de vénérer les trésoriers et les directeurs du personnel, d’aimer des femmes parfumées de sourires et armées de fusils à canon scié — que celles-ci leur offrent de longues journées un peu pornographiques en riant, qu’elles appuient sur une gâchette vide et qu’elles cassent les verres de champagne qu’elles auront vidés pour eux, avant de monter dans la chambre.

Soyez bénis si alors vous aimez ça. Voici la prière que feront en votre honneur les anges délurés du Funkadelic, après avoir promis de « lècher vos émotions funky » quand vous aurez « sucé leur âme ».



Extragroove FM
1 mai 2011, 5:52
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L’autre soir, à l’heure bleue, nous étions accoudés à une table de bois verni, avec du tabac et du vin, quand la radio se mit à jouer « Tobacco Road » psalmodié avec son harmonica par Eric Burdon, l’ancien pois sauteur des Animals, pour une fois installé devant ces Californiens déjantés de War, tout afros et foulards dehors, déroulant une mixture de goudron et de barbapapa, parfaite synthèse du blues de Blanc et de la funk la plus noire, piquant au passage dans les poches de Jim Morrison et de Fela, faisant tourner au kérozène une machine construite par un génie sosie de James Brown, un sermon dont l’agonie et l’extinction finale forment un psaume cruel et rose.



New Orleans or bust
11 avril 2010, 10:31
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Le soleil froid d’un dimanche… Mettre un pull, ouvrir les fenêtres et mettre un disque… Pourquoi si peu de funk en Louisiane ? Faux. Il y a eu les Gaturs et l’album « Wasted » que l’on trouve encore, écorné et ravi, dans les boîtes en carton des disquaires.

Enregistré en 1970 avec Wilson « Willie Tee » Turbinton, le pape de la soul de New Orleans qui, après Katrina, entreprit de redevenir professeur de musique dans sa ville ravagée par l’incurie et les flots, ce « Boogerman »-là (que l’auteur de cette vidéo a stupidement rebaptisé « Funkin’ The Ghetto ») devrait logiquement envahir, plusieurs fois dans la journée, les cours de vos immeubles aux odeurs de cuisine. Devoir dominical.



259 nights and then you die
6 mars 2010, 6:40
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On dit (mais qui dit ?), nous lisons partout, disons, que l’album live de la Band Of Gypsys de Jimi Hendrix, Billy Cox et Buddy Miles est l’œuvre la plus marquée par le funk du gaucher de Seattle. Formation entièrement noire, pas d’Anglais — enfin pas d’Anglais —, les volutes vocales du batteur à base de tootoowoo-yeah, la basse obstinée digne d’une main gauche de Jean-Sébastien Bach, admettons.

C’était le 31 décembre 1969 et le 1er janvier 1970, au Fillmore East, ce théâtre de San Francisco qui n’avait plus qu’un an à vivre, un peu plus que Jimi Hendrix, mort en septembre et qui n’a pas vu 1971… « Happy new year first of all », a-t-il lancé après Who Knows, le lingot d’or filmé ici. « If we make it over the summer, gninhinhin… », a-t-il ricané avant d’entamer la ritournelle du diable baptisée Machine Gun et d’épuiser la 259ème soirée avant sa mort.