Inner City Blog


Three minutes truth
27 février 2011, 6:18
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Un 45-tours, c’était trois minutes pour dire la vérité.

Dans son ballon mauve, Freddie North est juste une fois passé au-dessus de nos villes, entre les briques rouges de nos murs et nos antennes rouillées, entre 1973 et 1975. Et puis il a disparu derrière le métro aérien, enveloppé par les fumées de nos cheminées collectives, dans les trainées dorées de ses cuivres. Nous sommes restés là, avec sa petite guitare chaloupant dans nos reins et un petit morceau de papier qu’il nous a glissé dans la poche : notre amour peut facilement se changer en haine, voilà tout. Merci et au revoir, Freddie.



Erotic witchcraft

Il est étrange, extrêmement étrange, ce titre des 24-Carat Black, aussi étrange qu’une introspection de haschichin. Une voix de femme s’enroule autour d’une diabolique basse électrique du pays des merveilles. Une Alice tombe longuement, interminablement, au fond du puits des rêves, croisant des horloges, des chats, des théières et des automobiles.

« The Best Of Good Love Gone » ou la black soul cérébrale. Les yeux fermés sur un kaléidoscope psychédélique, incantant l’amour perdu, « le meilleur de l’amour envolé », les mains ouvertes et les épaules mouvantes comme celles d’une pythie, d’une magicienne. La Diotime de Socrate qui nous enseigne l’érotisme et le gospel.



The poison of hope

L’espoir est un poison lent, distillé goutte à goutte à mesure que les jours passent. Il emplit les veines et bat dans le pouls sans rien affirmer ni démentir. Il se contente d’instiller un doute, une infime particule de lumière dans une nuit de cave, une étoile maigre et pauvre qui survit à l’aube. Inutile et dangereux comme une scorpion domestique, il survient parfois, dans la docilité du quotidien, comme une embellie brûlante. Haï, il n’est pourtant pas tué.

Or, les miracles ne surviennent que là où vivent les miraculeux. Tout peut advenir, chez eux, surtout l’improbable. Mais ils misent leur vie sur un espoir, comme un gosse de riches qui met les joyaux de la famille sur un tapis de poker, comme un petit employé qui savoure la liberté de n’être servi par personne et qui tombe soudain amoureux.

C’est moi qui décide lorsque l’espoir doit mourir. Je suis son chef et son destin.



January in Kenya
9 juin 2010, 12:25
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Une grande avenue bitumée de Nairobi s’enroule entre les murs de demeures luxueuses et menaçantes. Sous les palmiers vivent les assassins. Le ciel vide souffle un air froid sur les vigiles en uniforme cachés dans leur guérite. On dort entre les bagarres. Derrière le terrain de football pelé commencent la plaine de bidonvilles aux toits de tôle. Des enfants en uniforme attendent autour d’une montagne de cartons. Des affiches électorales décaties sont figées au-dessus des arrêts d’autobus. Dans le centre-ville, les murs de pierre de taille des immeubles sont vérolés. Dans les épiceries au néon, les cigarettes sont vendues au détail. La nuit, des chiens vivent sous les arcades. Les petits arbres frissonnent le long des trottoirs effondrés. Une famille de Somaliens suivent à quelques pas.

En swahili, « Pamoja » signifie « ensemble » et tout un monde s’est animé soudain.



Morning walk

Une promenade le long de grandes avenues au petit matin, la fraîcheur d’un jardin désert, l’encre des journaux qui déteint sur les mains, les odeurs d’épluchures et de gasoil… Pour toutes ces raisons étranges certains aiment vivre en ville.

C’est certain, la bande originale de ce film pourrait avoir été écrit par « le secret le mieux gardé de la Soul », Leroy Hutson, ainsi que l’a baptisé le magazine Rolling Stones il y a quelques années, l’homme qui avait remplacé Curtis Mayfield comme chanteur des Impressions en 1971…