Inner City Blog


Kinky new year
31 décembre 2011, 4:05
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Après une année épouvantable, voici enfin la conclusion, la fin, le temps de l’autre temps.

On souhaitera volontiers aux volontaires réunis ici d’envoyer enfin paître les bigots de tous acabits, de renoncer aux crèmes trop musquées de la bourgeoisie, de cesser de vénérer les trésoriers et les directeurs du personnel, d’aimer des femmes parfumées de sourires et armées de fusils à canon scié — que celles-ci leur offrent de longues journées un peu pornographiques en riant, qu’elles appuient sur une gâchette vide et qu’elles cassent les verres de champagne qu’elles auront vidés pour eux, avant de monter dans la chambre.

Soyez bénis si alors vous aimez ça. Voici la prière que feront en votre honneur les anges délurés du Funkadelic, après avoir promis de « lècher vos émotions funky » quand vous aurez « sucé leur âme ».



Badass fairy godmother
1 juillet 2011, 12:47
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Chocolat, brûlé, bois. Roussi, châtaigne, brun. Le café s’écoule d’un trait raide et sombre dans le verre. Le bruit sec du chocolat se brise sur les dents. Une poutre de chêne noir traverse un mur blanc. Le bras posé de Pam Grier chauffe, sur la plage, l’été.

Roy Ayers revient souvent ici. En locomotive, en machine volante, sous forme de fumée. Cette fois, c’est sous la forme d’une affirmation, brute, simple, groovy comme le film qui lui a donné naissance, où la panthère noire de Harlem soldait ses comptes, jadis, comme naguère, vieille école, avec une pétoire et des jambes rêvées.



The Revolution will not give your mouth sex appeal
28 mai 2011, 5:14
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C.Q.F.D. (1949-2011)



Adult party

Dès la vingt-septième seconde, elle saisit la mesure du génie et l’on peut voir, vraiment voir, la gifle versicolore frapper sa joue droite et faire pivoter son beau visage. Puis elle disparaît et les adultes prennent possession de l’espace. L’enfant, assise, les genoux repliés sur sa poitrine devant la famille Stone, se laisse enduire par l’esprit de Sly le faune, qui dévide sa pelote comme l’homme-orchestre, le bateleur de foire, le troubadour érotique qu’il est, « Hot Fun In The Summertime », « Don’t Call Me Nigger, Whitey » et « Higher », enchaînés l’un à l’autre comme une corde dorée sur laquelle on aurait tressé des rubans de couleurs criardes.



Sunday night turn-on
21 septembre 2010, 3:21
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Une simple histoire de bail bondsmen, deux potes qui prêtent des cautions et récupèrent les payeurs récalcitrants, embringués dans une traque de super-maquereaux cruels, chacun sapé de manière plus pimpin’ good que l’autre, et des putes à 280 000 dollars : Truck Turner, c’est ça.

Pourquoi être allé acheter ce DVD pas cher, un dimanche ensoleillé, et l’avoir regardé dans la nuit, avec des cigarettes et du café ? Pour pouvoir jouir encore de la musique du générique signé Isaac Hayes, lequel se balade tout le film avec sa boule à zéro, sa barbe drue et un méchant petit blouson de jean.



Suffering and smiling

Ce qui nous pousse à choisir notre vie est souvent un secret. Briser l’ordinaire, voir d’autres terres, se laisser glisser dans les draps frais du quotidien ou préférer la méchanceté est un choix obscur, que nous faisons dans le silence de nos délibérations intimes. L’hostilité du monde, c’est autre chose. Elle est parfois savoureuse et fugace, comme le morceau de brioche chipée, pour son plus grand bonheur, au goûter d’un enfant.

Les Californiens improbables de War (rappelez-vous) chantaient en 1973 leur gospel funk le plus célèbre, « The World Is A Ghetto », pour ceux qui ne savent pas encore sourire aux épreuves et pour ceux qui ne le savent que trop bien.



Funky survivors
25 mai 2010, 3:04
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Non, les Bar-Kays ne sont pas tous morts dans le crash de l’avion d’Otis Redding. Ben Cauley fut même le seul survivant, tandis que James Alexander n’était pas dans l’avion.

Quelques recrues nouvelles et une poignée d’années plus tard, ils paradaient même au grand stade de Los Angeles où, en 1984, un homme en jet-pack atterrira devant des caméras venues du monde entier, pour donner le titre éponyme, comme on dit, du nanard « Son of Shaft » tournée l’année précédente et qui fit un bide mérité. Ils sont même encore vivants et continuent de tourner autour du génie, sans jamais vraiment l’atteindre, mais avec des costumes merveilleux.