Inner City Blog


I’m not that well
27 juillet 2012, 7:51
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Dans la nuit tiède du cynisme, on complote. On se demande quelle vilénie encore va pouvoir peupler nos lendemains, quelle idiotie amusante on va pouvoir faire subir aux autres, quel détachement d’artiste on va pouvoir arborer. C’est un luxe que certains ne peuvent pas se permettre. Pour eux, deux solutions et demi : le suicide ou la folie. Ou (la demie-part), l’effort pour être un honnête homme, honnête d’abord avec lui-même et ses cahots.

C’est alors une libération. On peut légitimement énumérer, comme Seu Jorge et sa consoeur Ana Carolina ici en public, sur une musique de Serge Gainsbourg, la liste des victimes. Thomas Chatterton, le gosse qui se buta à l’arsenic à 17 ans, a les honneurs de présider. Et nous tous de conclure : « Et moi, je ne vais pas très bien. »



The wizard

Hermeto Pascoal est dingo, albinos, brésilien, multi-instrumentiste et sentimental. Un satyre farceur débarqué à Recife en 1950 du bled d’Arapiraca, caillasse perdue dans la savane de l’Etat d’Alagoas, avec dans le dos une guitare et un accordéon sur lesquels il tricotait comme un virtuose.

Dès lors, lorsque o bruxo, le sorcier jaune, Hermeto-le-mage a déboulé dans les parages, Miles Davis a par exemple été contraint de saluer « le musicien le plus impressionnant du monde ». Et tout le reste est à l’avenant.

Les divagations de son père édenté, les soupirs flapis d’un cheval ou les bulles d’une flûte sous l’eau ont aussi bien servi de fondation à ses chansons. Pardon : à ses incantations enchantées autour desquelles volettent de minuscules femmes nues ailées.



Big boy’s back
6 juin 2010, 5:06
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Après une longue absence, retrouver le salon confortable et pop d’Eumir Deodato… Autant dire que l’on ignore totalement pour quelle étrange raison le funky rapaz a intitulé cette belle envolée « September 13th », mais disons que ce devait être un dimanche… Prendre ce qu’il y a à prendre, comme une première bouchée après le jeûne… Comme la première gorgée d’eau fraîche après la cymbale du soleil… On reviendra…



Wonderchica
28 mai 2010, 12:09
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Quelle qualité avait « Wanderléa » Charlup Boere Salim, animatrice de télévision et starlette du Rio des années 60, sinon une belle tête de blondinette du sud brésilien, une voix mutine qui lui valut le surnom de « petite chérie » (Ternurinha, après que son premier tube était intitulé « Ternura ») et un sens du murmure swingué né dans les clubs du sertão ? Aucune en tout cas ne lui valut la postérité, malgré cet irrésistible « Mané João » qui ne raconte pourtant rien d’intéressant, mais qui coule comme du miel dans nos oreilles avides de plages.



Voodoo gospel

L’album « Os Afro-Sambas » de Baden Powell et Vinícius De Moraes, paru à Rio en 1966, se pose comme une colombe ensorcelée dans l’histoire du gospel et de la soul, au partage des eaux de la musique populaire brésilienne et du negro-spiritual.

Avec ses instruments loufoques et ses voix qui hululent de travers, ses abataques et ses afoxés, ses inspirations vaudous puisant du bout des doigts dans une mixture de candomblé et d’umbanda, ses chants en l’honneur d’habiles petits diables protecteurs ou du somptueux dieu des mers, il exhale un parfum de cigare fumée par une femme et de bâton de cannelle mâché par un homme. Des pieds poussiéreux habillés de dentelles.

Tandis qu’ils chantent Iemanja surgissant des flots, les verres de Baden et Vinícius sont posés sur la table à côté de ceux de Marvin Gaye, Nina Simone et Ray Charles.



Passing through funk’s door
12 mars 2010, 3:56
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Orlandivo Honório de Souza, plus simplement dit « Orlandivo », n’a rien n’exceptionnel. Formé dans l’ombre des célèbres maisons de disques de Rio de Janeiro dans les années 60, compositeur de quelques sambas ordinaires, interprète oublié, gagnant sa vie avec sa musique, amis de tout le monde, de Jorge Ben à Elza Soares. L’homme d’un temps, qui n’a jamais fait plus de bruits que ses chansons.

« Où va mon amour ? », demande-t-il ici. Il est passé, comme Orlandivo dans les années 70, en chaloupant, par la porte mouvante et kaleïdoscopique du funk.



Funky rapaz
4 mars 2010, 9:04
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Eumir Deodato est un étrange petit blanc brésilien, un pur produit des clubs du quartier d’Ipanema. Formé dans l’ombre du généralissime de la samba Vinicius de Moraes et d’o maestro Tom Jobim pendant les années 60, il a produit sa petite bossa. Puis, la botte militaire n’étant pas son truc, il est allé s’exiler aux Etats-Unis, où il a épousé les touches veloutées d’un piano Fender Rhodes.

S’il est surtout connu pour son accrocheuse adaptation funk du « Also Spracht Zarathustra » de Strauss, le rapaz est devenu l’un des compositeurs et arrangeurs contemporains les plus créatifs. Björk le sait ; ses demi-lunes de quinquagénaire sur le nez, Deodato est allé fouillé et a malaxé, en son temps, son album Homogenic.

Et un big band-combo-swing en costume-cravate comme celui-là, c’est quoi ? Ça vient d’où ?