Inner City Blog


Distant brothers

Ils sont cousins. Ils fréquentent le même jardin où nous nous sommes aventurés pour souffler un peu. Ils se tiennent à peu de distance l’un de l’autre. La promenade avec eux est libre et mélancolique, portée par l’impulsion d’une basse méthodique. Dans les embellies de leurs cuivres, nos visages se réchauffent quelques instants au soleil. Dans l’ombre de leur groove, on se prend à rêver d’avoir le temps d’être enfin paresseux.

Ici, sur notre seuil, dans nos salles, voici la « route poussiéreuse » du môme Gérald Bonnegrace, alias G’s Way (avec JC Moine). Ce nouvel artisan français d’un funk appliqué, acidulé comme le méchant petit Fender Rhodes qui surgit à 3″30, trempe un délicieux biscuit à la cannelle dans le moka de l’afrobeat. Là-bas, dans notre passé, voici la « danse » aguicheuse de Loran, animée comme une marionnette pour adultes par le plus brooklynien des barbus, Leo Morris, alias Idris Muhammad.

En sortant du jardin, il faut s’asseoir dans un café et leur sourire, tour à tour, avant de retourner à nos vies pluvieuses.

Cliquez sur la photo pour accéder au Bandcamp de G’s Way et écouter librement le splendide « Dirt Road » dont il est question ici, mais aussi l’intégralité d’un album impeccablement autoproduit : Seventy Seven.

Photo : Aurélie Chevallier



Where to, mista ?
6 octobre 2010, 9:38
Filed under: Funk | Étiquettes: , , , , , , , , , ,

Quasiment fébrile, mélodramatique, ironiquement sombre, l’ubiquitaire Roy Ayers rappellait en 1971 à ceux qui l’auraient oublié que nous vivons tous, pour notre part, à Brooklyn, quartier aux chaussures trouées, pyramide de cartes à jouer aux devantures extravagantes, village Potemkine aux épiceries de noctambules, cité utopique rock, enclave des papes funky traversée par des Cadillac caduques. Et que ce n’est pas si mal.

Posez le bras sur le vinyle et ouvrez les yeux.