Inner City Blog


Lost sister

Et ce sont des villes où nous n’irons jamais. Des chambres où nous ne dormirons pas. Des femmes qui ne nous aimeront pas. Des maisons où nous ne dînerons pas. Ces paradis perdus existent, pourtant. Mais à peine au-delà de nos forces, quelques pas au-délà du médiocre mic-mac où déambulent nos songes.

Ou bien alors ils sont enfermés par leurs parents psychotiques, claquemurés dans la ceinture de chasteté de la politique, comme cette Asmara rêvée, capitale de l’Erythrée, jeune fille tourmentée réduite à l’hébétude à qui je viens de donner trois ans.

Ainsi chantonnait à voix basse Feqadu Amdemesqel, oublié d’entre les oubliés de l’ethiogroove, du haut de sa petite guitare Fender et sous les auspices de trompettes cabossées, dans une arrière-salle de l’avenue Harnet, à la gloire de son Asmara, notre Asmara à touscette Asmarina, qui n’existe pas mais où l’amour et la liberté nous possèdent enfin.



Let’s be serious
18 décembre 2010, 12:28
Filed under: Funk, Jazz | Mots-clefs: , , , , , , , , , ,

Il n’y a pas quatre chemins vers le groove, voilà ce qu’il faut dire. Faire comme ce dingue de Donald Byrd ici, par exemple, et en deux morceaux : emprunter le large boulevard qu’offre l’esprit et l’imagination, jouons-la XVIIè siècle, les rêveries enfumées et la couleur brûlante des cuivres, la cadence hoqueteuse d’une guitare électrique et d’une basse un peu salope.

Parfait. Ces « chevaliers éthiopiens » disent tout ce qu’il nous reste, quand plus rien n’est clair. Dans la solitude infinie, rien à faire : il y a toujours quelqu’un qui continue de parler. Ne cherchez pas.