Inner City Blog


A serious widow

Rien de particulier à dire sur cette femme, sinon que son nom de scène, Vicki Anderson, est aussi anodin que son nom de naissance, Myra Barnes, qu’elle est la veuve de Bobby Byrd et que James Brown la considérait comme la meilleure chanteuse de soul qui ait jamais foulé notre vallée de larmes.

L’hymne féministe livré ici est son accomplissement. La voici un peu éloignée du micro, haussant le ton avec défiance, avec cette démarche chaloupée qu’ont ceux qui connaissent leur valeur, drapée dans sa féminité, Myra « Vicki » Barnes « Anderson », ou quel que soit son nom…

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A little lovin’ in the morning
16 avril 2010, 8:10
Filed under: Blues, Soul | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

Il semble, aux esprits bien constitués et aux hommes aimés avec un cœur entier, que les disques de Ray Charles se mettent préférablement le matin, au saut du lit. On préférera, selon les saisons et les humeurs, l’ironique monologue d’« I Believe To My Soul » ou, comme ici, la louange gospel aux femmes au réveil d’« I Gotta A Woman ».

Les lecteurs de magazines spécialisés sur le jazz opteront pour les multiples versions filmées en public de la chanson, avec travelling, luma et applaudissements de fumeurs de cigare en smoking. Mais les puristes croqueront à pleines dents dans les odeurs de bois vernis, de café brûlant, de cigarette froide et de draps froissés du disque original.



Black Athena
8 mars 2010, 9:16
Filed under: Jazz, Soul | Mots-clefs: , , , , , , , ,

Son prénom d’artiste, Eunice Kathleen Waymon l’a choisi pour un homme et son nom de famille pour une femme. Un amant latinoaméricain la surnommait « niña » et, au-delà de toutes, elle admirait Simone Signoret. Intransigeante grande sœur des femmes noires de la deuxième moitié du XXe siècle, elle ne céda jamais sur cette triple filiation que ces choix inspiraient : l’amour, la lutte et la beauté. Le triste roman américain de son enfance a fait d’elle ce monument de la chanson, cette vamp révolutionnaire, l’Athéna noire d’une Amérique qui s’est libérée par la musique, la lutte intellectuelle et  la rébellion intérieure.

Ain’t Got No… I Got Life est pourtant une chanson de Blanc, tirée de la comédie musicale Hair. Mais l’interprétation en public livrée ici, à Harlem en 1969, est toute entière empreinte de gravité et de soul, alliance noire et lucide parfaite que Nina Simone seule est parvenue à maintenir une vie durant, dans un monde qui de plus en plus chérit la jovialité inconséquente des idiots.