Inner City Blog


Erotic witchcraft

Il est étrange, extrêmement étrange, ce titre des 24-Carat Black, aussi étrange qu’une introspection de haschichin. Une voix de femme s’enroule autour d’une diabolique basse électrique du pays des merveilles. Une Alice tombe longuement, interminablement, au fond du puits des rêves, croisant des horloges, des chats, des théières et des automobiles.

« The Best Of Good Love Gone » ou la black soul cérébrale. Les yeux fermés sur un kaléidoscope psychédélique, incantant l’amour perdu, « le meilleur de l’amour envolé », les mains ouvertes et les épaules mouvantes comme celles d’une pythie, d’une magicienne. La Diotime de Socrate qui nous enseigne l’érotisme et le gospel.



Boxing angel
24 mai 2010, 10:07
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Même dans le doute, les performances publiques d’Otis Redding rassurent au moins sur un fait. Les plus scrogneuneus des amateurs de soul pourront toujours y retrouver les montées progressives vers les cieux des églises du bassin du Mississippi, la sauvagerie câline de leurs premières amours et l’incompréhensible swing des clubs de Chicago. Que demander de plus à un disque posé sur une platine ? Ah oui, une gueule d’ange-boxeur et un destin tragique.



A little lovin’ in the morning
16 avril 2010, 8:10
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Il semble, aux esprits bien constitués et aux hommes aimés avec un cœur entier, que les disques de Ray Charles se mettent préférablement le matin, au saut du lit. On préférera, selon les saisons et les humeurs, l’ironique monologue d’« I Believe To My Soul » ou, comme ici, la louange gospel aux femmes au réveil d’« I Gotta A Woman ».

Les lecteurs de magazines spécialisés sur le jazz opteront pour les multiples versions filmées en public de la chanson, avec travelling, luma et applaudissements de fumeurs de cigare en smoking. Mais les puristes croqueront à pleines dents dans les odeurs de bois vernis, de café brûlant, de cigarette froide et de draps froissés du disque original.



Voodoo gospel

L’album « Os Afro-Sambas » de Baden Powell et Vinícius De Moraes, paru à Rio en 1966, se pose comme une colombe ensorcelée dans l’histoire du gospel et de la soul, au partage des eaux de la musique populaire brésilienne et du negro-spiritual.

Avec ses instruments loufoques et ses voix qui hululent de travers, ses abataques et ses afoxés, ses inspirations vaudous puisant du bout des doigts dans une mixture de candomblé et d’umbanda, ses chants en l’honneur d’habiles petits diables protecteurs ou du somptueux dieu des mers, il exhale un parfum de cigare fumée par une femme et de bâton de cannelle mâché par un homme. Des pieds poussiéreux habillés de dentelles.

Tandis qu’ils chantent Iemanja surgissant des flots, les verres de Baden et Vinícius sont posés sur la table à côté de ceux de Marvin Gaye, Nina Simone et Ray Charles.



She knows who she is
10 mars 2010, 10:02
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Trois choristes, l’esprit du gospel, un souffle biblique et une chanson gravée dans l’or fondu de la soul par le prince Marvin Gaye et la tragique et adorable Tami Terrell…

Je ne savais pas que les reines d’Ethiopie comme Aretha Franklin pouvaient tenir en haleine des scènes aussi vastes avec tant de swing, robe verte, larmes dorées sur les joues, une coiffe venue des confins du Yémen d’où s’échappe des cheveux teints en roux…

Même à Las Vegas. Oui, même à Las Vegas.