Inner City Blog


Goodbye samouraï
23 janvier 2011, 11:53
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Quand il ne reste plus que ça, que s’est éteinte la guirlande pathétique des amours médiocres, que le silence est revenu dans le bavardage, que le corps est enfin seul avec son petit tas de douleurs, que les fenêtres sont refermées sur le matin glacé, alors ce fou souriant d’Horace Silver et son quintet de tricoteurs géniaux peuvent librement parler.

Les voici, donc, dans un « Sayonara Blues » difficilement résistible, jazz et funk mêlés, une trompette céleste et les mains d’acier du chef sur son clavier d’ivoire, un méchant saxophone, un thème roulant comme un train du futur perforant Tokyo, perdus dans la traduction eux aussi…



Let’s be serious
18 décembre 2010, 12:28
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Il n’y a pas quatre chemins vers le groove, voilà ce qu’il faut dire. Faire comme ce dingue de Donald Byrd ici, par exemple, et en deux morceaux : emprunter le large boulevard qu’offre l’esprit et l’imagination, jouons-la XVIIè siècle, les rêveries enfumées et la couleur brûlante des cuivres, la cadence hoqueteuse d’une guitare électrique et d’une basse un peu salope.

Parfait. Ces « chevaliers éthiopiens » disent tout ce qu’il nous reste, quand plus rien n’est clair. Dans la solitude infinie, rien à faire : il y a toujours quelqu’un qui continue de parler. Ne cherchez pas.



Home abroad
30 octobre 2010, 10:23
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Nous vivons dans un loft où les canapés sont profonds. Le matin se termine avec de l’eau chaude dans une salle de bains étincelante. Une tasse de café et un disque de jazz embaument l’espace vide. La liberté nous appelle à sortir d’un long sommeil. La musique éclate à travers les vitres jaunes et pose sa main sur notre épaule comme une femme amoureuse.

Et si nous n’avons pas cela dans notre vie, l’ancien Jazz Messenger Gary Bartz et sa Ntu Troop, dans ce « Celestial Blues », nous l’offre à peu de frais. Comme un ami qui s’en va ferme la porte de son appartement derrière lui et nous disant de faire comme chez nous.



Resist if you can

Que fait-on, en 1973, lorsqu’on se nomme Donaldson Toussaint L’Ouverture Byrd II (abrégé en Donald Byrd, tout de même), que l’on est issu d’une famille ordinairement opprimée de Detroit, que l’on a su prendre, à l’âge du lycée, la suite de Clifford Brown au sein des Jazz Messengers, que l’on a bientôt joué avec Herbie Hancock, John Coltrane, Thelonious Monk et Sonny Rollins, et que, soudain, on a décidé de partir seul, avec sa trompette, faire autre chose que ce que l’on a déjà fait ?

A peu près ceci, mélange de tout, agglomération de sons et de rythmes dorés et noirs, un autre jazz, un autre genre… Résistez, si vous le pouvez.



Sweet as a Bacardi-Coke
29 mars 2010, 4:50
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Rien à dire, Lonnie Liston Smith a créé quelque chose comme l’essence du jazz funk dans « Expansions« . Un grand titre tout en contrebasse fouillant le cœur du groove et passages de flûte, pédale wawa accouplée au prince des pianos Fender, conduits dans leur carrosse par un triangle obsédant… A peine remarqué, le morceau est survolé par le grand toucan multicolore d’une voix de mâle un peu frimeur, mais d’une douceur de Bacardi-Coke.

L’ancien Jazz Messenger de Baltimore, qui a débuté avec les Supremes et a fait un bout de route avec Miles Davis, déroule sa théorie de l’élasticité de l’esprit tout au long d’un beau vinyl brillant, dans ce film proposé ici en haute qualité stéréo.



Jazz junkies
27 mars 2010, 12:43
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Ceux qui n’ont jamais senti la chenille psychédélique du jazz s’insinuer délicieusement sous leur peau n’ont pas la chance de connaître l’addiction à un standard, un titre, une balade, la mixture envoûtante de chocolat et d’amour qui envahit les jazz junkies.

Ce titre écrit par Horace Silver, accompagné (et non suivi) par sa bande de pointures, est de cet ordre. Du reste, le pianiste à la mèche tombante a bien choisi son titre : « Creepin’ In ».



Wonderhands
5 mars 2010, 9:43
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Les longues compositions d’Horace Silver jouées avec son quintette sont toutes des merveilles nocturnes, d’hypnotisantes promenades automobiles le long d’avenues endormies, dans d’étranges villes pourtant insomniaques. Vous verrez un jour le contrebassiste John Williams suer toute l’eau de son corps, hagard et transporté, le long de ces épopées.

Fils d’un Cap-Verdien et d’une métis irlando-afroaméricaine, Horace Ward Martin Tavares Silva, ce grand voûté à la mèche gominée, a tout fait, échoué à tout et réussi à tout. Ce Jungle Juice là, si typique du « Silver style » qui sait dérouler des folies espagnolantes comme Señor Blues, est difficilement résistible. Le drôle de zouave qui a eu l’idée de synchroniser cette musique sur une webcam nocturne a de drôles d’idées. Justes, mais drôles.