Inner City Blog


Brotherly advice
11 février 2014, 5:41
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Earl King

Il pleut depuis bien trop longtemps des miettes de glace, mais il y a Earl King. La vie des hommes est suspendue au hasard et à la bienveillance, autant dire un souffle, une brise, et pourtant nous la vivons les mains dans les poches, triturant un ticket de métro, les yeux tournés vers notre désir, pendant que miaulent nos diables du blues, les aveugles, les boîteux, les réprouvés, les pensionnaires du fond de l’autobus, les Earl King, les Jimi Hendrix.

Et tout ça pour quoi ? Pour nous convaincre de laisser les bons temps rouler. Parole tenue. Si tu mens, tu vas en enfer.

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The mighty sorcerer

Le garçon a quitté l’école qu’il fréquentait tant bien que mal à dix ans, en 1920. Son enseignement, il l’a reçu dans les rues de Dallas, dans les pas du Dallas String Band où se parents s’ébrouaient. A l’âge de quinze ans, il portait déjà une guitare plus grande que lui comme on porte un agneau à tondre. L’aveugle magnifique Blind Lemon Jefferson, à la table du dîner, l’écoutait avec ses yeux blancs. Métis d’Africains et de Cherokee, il avait déjà ce museau de renard qui s’est multiplié jusqu’à sa mort banale, en 1975 à Los Angeles, sur les pochettes de tous ses disques. Aaron Thibeaux Walker… Comment voulez-vous que dans ces parages on ne l’appelât pas « T-Bone », l’enfant du blues ?

De son propre aveu, c’est la guitare électrique de « T-Bone » Walker sur ce « Call It Stormy Monday » qui a poussé B.B. King à s’acheter la sienne et à ne plus la quitter. Chuck Berry, adolescent, cherchait dans ses tablatures les constellations de son érotisme. En 1970, Jimi Hendrix écoutait encore ses sortilèges, dans sa maison de Mayfair, avant de s’endormir éternellement dans les pulsations cérébrales du Vesparax.



LSD & the sea

Il est étrange tout de même, et même ridicule, que je ne sois d’accord avec personne, ou presque, lorsqu’il s’agit de la mer et de Jimi Hendrix, identiquement. Le goût des autres me vexe, les critiques me hérissent et j’ai la présomptueuse sensation d’avoir une relation particulière avec elle et lui. Alors que j’ai tort, elle et lui ne m’appartiennent pas. Je dirais donc « nous » dorénavant.

Alors pourquoi avons-nous un dialogue secret et silencieux avec ses balades de chambres de bonne, ses blues de posters d’adolescent, ses complaintes de jeune homme tourmenté ? Pourquoi « Little Wing », interprétée ici en public au Albert Hall de Londres un an avant sa mort, fouille-t-elle dans de vieux souvenirs comme dans de vieux coffres à jouets, nous fait-elle redire en silence ce qu’Hamlet dit à Horatio :

« Que l’on me montre un homme qui ne soit pas esclave des passions et je le garderais au plus profond de mon cœur, dans ce cœur du cœur où je te garde, toi » ?

Parce qu’il était aussi le prince des gauchers, le troubadour de l’amour courtois sous LSD ? Et la mer son double, son incarnation, sa grande sœur ?



259 nights and then you die
6 mars 2010, 6:40
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On dit (mais qui dit ?), nous lisons partout, disons, que l’album live de la Band Of Gypsys de Jimi Hendrix, Billy Cox et Buddy Miles est l’œuvre la plus marquée par le funk du gaucher de Seattle. Formation entièrement noire, pas d’Anglais — enfin pas d’Anglais —, les volutes vocales du batteur à base de tootoowoo-yeah, la basse obstinée digne d’une main gauche de Jean-Sébastien Bach, admettons.

C’était le 31 décembre 1969 et le 1er janvier 1970, au Fillmore East, ce théâtre de San Francisco qui n’avait plus qu’un an à vivre, un peu plus que Jimi Hendrix, mort en septembre et qui n’a pas vu 1971… « Happy new year first of all », a-t-il lancé après Who Knows, le lingot d’or filmé ici. « If we make it over the summer, gninhinhin… », a-t-il ricané avant d’entamer la ritournelle du diable baptisée Machine Gun et d’épuiser la 259ème soirée avant sa mort.



Do what the man says, baby
4 mars 2010, 6:45
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Avant de connaître le succès avec, notamment, la petite perle get down interprétée ci-dessous dans l’émission Soul Train, les Isley Brothers ont composé « Twist And Shout » et compté dans leurs rangs un jeune guitariste de Seattle surnommé Jimmi James, mais qui se nommait en réalité James Marshall Hendrix.

Funky flair ?