Inner City Blog


Bad boy’s film

Cheminant en chemise à fleurs et portant un chapeau indien, un peu britannique dans son chaloupement d’anguille, voici avec sa gratte et son clavecin le sale gosse Shuggie Otis.

Dans la grande nuit des questions, dit-il, reste la musique et ses sortilèges. Nul besoin de parler ou chanter. Il suffit de poser la bobine sur le projecteur, d’éteindre les lumières du plafond et d’enclencher la machine. Déboulent aussi sec les collines mornes de Californie, l’ennui léger d’un dimanche de Londres et le salon enfumé de la vieille maison d’un bluesman noir de Memphis. L’étoffe est d’un motif académique, gris Oxford, avec des déchirures d’usage et des colliers chamaniques, à porter avec des bottines vernies de sept lieues.



Evident evidences
12 décembre 2010, 3:58
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Dans le grand stade de Los Angeles, sous un ciel tiède, la famille Staples assène des évidences. Les cheveux blancs du père, « Pop » Roebuck Staples, dominent le tout. La voix grillée de l’une de ses filles souligne avec majesté. L’évidence, c’est la lumière et la parole fiancées, comme ici.



Funky survivors
25 mai 2010, 3:04
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Non, les Bar-Kays ne sont pas tous morts dans le crash de l’avion d’Otis Redding. Ben Cauley fut même le seul survivant, tandis que James Alexander n’était pas dans l’avion.

Quelques recrues nouvelles et une poignée d’années plus tard, ils paradaient même au grand stade de Los Angeles où, en 1984, un homme en jet-pack atterrira devant des caméras venues du monde entier, pour donner le titre éponyme, comme on dit, du nanard « Son of Shaft » tournée l’année précédente et qui fit un bide mérité. Ils sont même encore vivants et continuent de tourner autour du génie, sans jamais vraiment l’atteindre, mais avec des costumes merveilleux.



Black pearl
22 avril 2010, 10:44
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C’est une miniature, une chose insignifiante, un élément inconnu au fond, un OVNI, comme le meilleur élève de la classe qui s’assied derrière le cancre et le rigolard, mais pourtant un beau moment de soul-funk, irrésistible comme un tube de l’automne qu’on entend dans les bars, les stations-service et les postes à transistors des chambres de fille.

Perle brillante parmi d’autres gemmes noires, « Welcome To My Door » est un titre enregistré en 1978 par un groupe dont je ne retrouve trace nulle part, mais qui a enregistré trois albums entre 1978 et le début des années 80, une mystérieuse Arche de l’espace, Sparceark, venue de Los Angeles et qui a disparu dans le vide avec le Skylab et les missions Appolo.



Wednesday afternoon colors
7 avril 2010, 3:33
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Les idées simples peuvent prendre des proportions gigantesques, comme Soul Train, l’émission fondée et animée pendant plus de vingt ans par Don Cornelius et ses costumes épouvantables.

Le petit animateur de radio-crochets itinérants de Chicago avait senti le vent. Commencé le mercredi après-midi, avec le parrainage financier d’une chaîne de supermarché, sur une petite chaîne locale, la « chose » est devenue la plateforme de la musique noire américaine tout au long des années 70, notamment grâce à la « Line Dance » où les quidams de Los Angeles venaient parader devant une caméra dans leurs costumes les plus chics.

Avoir, en rentrant de l’école, allumé sa télévision sur ce type de performance articulé autour de Fred Wesley & The JB’s, une sorte de Rue Sésame funky… Et ne rien regretter, ni les devoirs en retard ni les affreux pantalons de l’époque…



Groovin’ with balloon boy

Les grosses joues de Dizzy Gillespie trottinent le long de ce bijou du jazz le plus funky de Los Angeles, un vrai costume de velours coloré avec souliers vernis, basse électrique, batterie chaloupante et guitare façon Wes Montgomery.

En ce lendemain d’élections, pourquoi ne pas rendre hommage à l’homme grenouille, génie à la trompette recourbée qui découvrit Lalo Schifrin dans un club de Buenos Aires, répandit l’évangile de son big-band aux confins de la Yougoslavie, se présenta à l’élection présidentielle de 1964 et promit, s’il était élu, de rebaptiser la Maison blanche « Blues House », de nommer Ray Charles président de la bibliothèque du Congrès, Miles Davis directeur de la CIA et Malcom X ministre de la Justice, avant de se retirer en faveur de cette crapule de Lyndon Johnson, le vice-président de JFK…



Some heavy dude
20 mars 2010, 5:08
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C’est sans doute l’un des canulars les plus inoffensifs et les plus réussis du jazz. En 1966, en pleine gloire, pour dorer un peu plus le « Mercy, mercy, mercy » de son pianiste Joe Zawinul, Julian Edwin « Cannonball » Adderley a rassemblé quelques bons amis dans le studio Capitol de Los Angeles et fait couler la picole à plein tonneaux.

Le mensonge pouvait commencer. La bande de roublards menée par le heavy dude de Floride a alors, devant une foule conquise,  déroulé une à une les compositions d’un vrai-faux album en public, que Cannonball Adderley a finalement baptisé « Live at ‘The Club’« , faisant passer la soirée entre potes pour un concert de son quintet dans un célèbre club de Chicago, dont le patron était un ami. Un ami désormais reconnaissant.