Inner City Blog


Audio opium
11 septembre 2011, 1:12
Filed under: Jazz, Soul | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

La pluie d’automne bat sur les vitres. Le corps engourdi fait à peine mal. La journée, comme le destin, est vide. C’est alors que la lumière du jazz et de la soul prend tout son sens. Comme les théâtres déserts, l’après-midi, comme les salles de concert avant l’entrée du public, quelque chose est chic, envoûtant et opiacé. C’est le remède contre la fadeur.

Les Canadiens groovy du Souljazz Orchestra, dans cette « Fleur de lotus » qui sent le whisky, l’encens et l’amour, le redisent encore, incidemment, au cas où nous ne l’aurions pas encore compris.

Publicités


The wizard

Hermeto Pascoal est dingo, albinos, brésilien, multi-instrumentiste et sentimental. Un satyre farceur débarqué à Recife en 1950 du bled d’Arapiraca, caillasse perdue dans la savane de l’Etat d’Alagoas, avec dans le dos une guitare et un accordéon sur lesquels il tricotait comme un virtuose.

Dès lors, lorsque o bruxo, le sorcier jaune, Hermeto-le-mage a déboulé dans les parages, Miles Davis a par exemple été contraint de saluer « le musicien le plus impressionnant du monde ». Et tout le reste est à l’avenant.

Les divagations de son père édenté, les soupirs flapis d’un cheval ou les bulles d’une flûte sous l’eau ont aussi bien servi de fondation à ses chansons. Pardon : à ses incantations enchantées autour desquelles volettent de minuscules femmes nues ailées.



Sweet as a Bacardi-Coke
29 mars 2010, 4:50
Filed under: Funk, Jazz | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

Rien à dire, Lonnie Liston Smith a créé quelque chose comme l’essence du jazz funk dans « Expansions« . Un grand titre tout en contrebasse fouillant le cœur du groove et passages de flûte, pédale wawa accouplée au prince des pianos Fender, conduits dans leur carrosse par un triangle obsédant… A peine remarqué, le morceau est survolé par le grand toucan multicolore d’une voix de mâle un peu frimeur, mais d’une douceur de Bacardi-Coke.

L’ancien Jazz Messenger de Baltimore, qui a débuté avec les Supremes et a fait un bout de route avec Miles Davis, déroule sa théorie de l’élasticité de l’esprit tout au long d’un beau vinyl brillant, dans ce film proposé ici en haute qualité stéréo.



Groovin’ with balloon boy

Les grosses joues de Dizzy Gillespie trottinent le long de ce bijou du jazz le plus funky de Los Angeles, un vrai costume de velours coloré avec souliers vernis, basse électrique, batterie chaloupante et guitare façon Wes Montgomery.

En ce lendemain d’élections, pourquoi ne pas rendre hommage à l’homme grenouille, génie à la trompette recourbée qui découvrit Lalo Schifrin dans un club de Buenos Aires, répandit l’évangile de son big-band aux confins de la Yougoslavie, se présenta à l’élection présidentielle de 1964 et promit, s’il était élu, de rebaptiser la Maison blanche « Blues House », de nommer Ray Charles président de la bibliothèque du Congrès, Miles Davis directeur de la CIA et Malcom X ministre de la Justice, avant de se retirer en faveur de cette crapule de Lyndon Johnson, le vice-président de JFK…