Inner City Blog


Brotherly advice
11 février 2014, 5:41
Filed under: Blues, Rock | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

Earl King

Il pleut depuis bien trop longtemps des miettes de glace, mais il y a Earl King. La vie des hommes est suspendue au hasard et à la bienveillance, autant dire un souffle, une brise, et pourtant nous la vivons les mains dans les poches, triturant un ticket de métro, les yeux tournés vers notre désir, pendant que miaulent nos diables du blues, les aveugles, les boîteux, les réprouvés, les pensionnaires du fond de l’autobus, les Earl King, les Jimi Hendrix.

Et tout ça pour quoi ? Pour nous convaincre de laisser les bons temps rouler. Parole tenue. Si tu mens, tu vas en enfer.

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Behind the Second Line

Nous sommes des créatures du présent, sans doute. Mais avec notre pas mécanique, nos habitudes et nos tics, nous transportons aussi une chambre d’enfant, des images et des parfums, des tâches sur nos chemises, et même parfois une rue, un quartier ou une ville.

La saudade au Brésil, la tezeta en Ethiopie… Les hommes sont incorrigibles. Mais nous, avons-nous aménagé la place que la nostalgie mérite dans nos vies, dans nos pays ? Avec Billie Holliday dans les bras, Louis Armstrong répondait ici à sa manière, juste après la guerre, le long d’une longue et langoureuse question, chaloupée comme un soupir de soulagement, quelques pas derrière une Second Line accrocheuse déambulant dans les rues du Lower Ninth Ward.



When the devil drives

« Qu’est-ce que le blues ? », demande ici candidement le considérable Chester Arthur Burnett, alias « Howlin’ Wolf »… La pauvreté seulement ? Non, le « thinkin’ evil »

Sans argent, sans amour, sans travail, nous avons le blues. Avec de vieilles chaussures usées, une coupure sur le doigt qui s’infecte, à peine un filet de voix et une bouteille d’eau tiède, nous avons aussi le blues. Avec quelques pièces sans face, une chemise sale, un chewing-gum sec qui rappelle le passé, un journal trois fois relu, les poches peuplées de fantômes, nous avons le blues. Avec de la sympathie pour les idiots, de l’horreur pour les querelles et de la tendresse pour nos habitudes, nous avons le blues. Avec l’attrait du silence, la haine des souvenirs et toute une boîte de cigarettes à fumer, nous avons le blues.

Avec l’amour des humains et la tristesse du présent, nous avons le blues.



New Orleans or bust
11 avril 2010, 10:31
Filed under: Funk | Mots-clefs: , , , , , , , , , ,

Le soleil froid d’un dimanche… Mettre un pull, ouvrir les fenêtres et mettre un disque… Pourquoi si peu de funk en Louisiane ? Faux. Il y a eu les Gaturs et l’album « Wasted » que l’on trouve encore, écorné et ravi, dans les boîtes en carton des disquaires.

Enregistré en 1970 avec Wilson « Willie Tee » Turbinton, le pape de la soul de New Orleans qui, après Katrina, entreprit de redevenir professeur de musique dans sa ville ravagée par l’incurie et les flots, ce « Boogerman »-là (que l’auteur de cette vidéo a stupidement rebaptisé « Funkin’ The Ghetto ») devrait logiquement envahir, plusieurs fois dans la journée, les cours de vos immeubles aux odeurs de cuisine. Devoir dominical.