Inner City Blog


Radio is the future
27 juin 2011, 5:36
Filed under: Blues, Jazz, Soul | Mots-clefs: , , , , , , , , , , ,

Faut croire qu’ils sont comme ça, les types à la radio. Ils mettent un disque et ils attendent. Le bras levé sur la galette noire et les milles comètes des sillons, puis ils posent le diamant et ils se taisent, allument une cigarette et ne sentent rien. Rien ou presque. Presque rien.

Celui-là vient de mettre « Harlem Country Girl » de l’insolent trompettiste et guitariste oublié Olu Dara, baptisé ainsi plutôt que Charles Jones III par un prêtre yoruba après une virée au Nigeria, un baladin fumeur de clopes, un ahaneur de micro, vaguement écoeuré, buveur de café, père du rappeur Nas, sans savoir que, quelques kilomètres plus loin, je cherchais. La radio, c’est l’avenir.



Extragroove FM
1 mai 2011, 5:52
Filed under: Blues, Funk | Mots-clefs: , , , , , , , , , , , ,

L’autre soir, à l’heure bleue, nous étions accoudés à une table de bois verni, avec du tabac et du vin, quand la radio se mit à jouer « Tobacco Road » psalmodié avec son harmonica par Eric Burdon, l’ancien pois sauteur des Animals, pour une fois installé devant ces Californiens déjantés de War, tout afros et foulards dehors, déroulant une mixture de goudron et de barbapapa, parfaite synthèse du blues de Blanc et de la funk la plus noire, piquant au passage dans les poches de Jim Morrison et de Fela, faisant tourner au kérozène une machine construite par un génie sosie de James Brown, un sermon dont l’agonie et l’extinction finale forment un psaume cruel et rose.



Three minutes truth
27 février 2011, 6:18
Filed under: Soul | Mots-clefs: , , , , , , , , , ,

Un 45-tours, c’était trois minutes pour dire la vérité.

Dans son ballon mauve, Freddie North est juste une fois passé au-dessus de nos villes, entre les briques rouges de nos murs et nos antennes rouillées, entre 1973 et 1975. Et puis il a disparu derrière le métro aérien, enveloppé par les fumées de nos cheminées collectives, dans les trainées dorées de ses cuivres. Nous sommes restés là, avec sa petite guitare chaloupant dans nos reins et un petit morceau de papier qu’il nous a glissé dans la poche : notre amour peut facilement se changer en haine, voilà tout. Merci et au revoir, Freddie.



Summer on the radio

Les grandes vacances n’existent plus pour nous. L’odeur des vignes derrières les rangées de bambous frissonnants. Les guêpes buvant les flaques de chlore de la piscine. Les yeux rouges et la peau sèche. Les chemises blanches et les bras bronzés. L’odeur des petites motos dans les ruelles. Les visages parsemés de tâches de rousseur des filles sur le port. Dîner dans la rue.

Nous avons mieux : nous avons la nostalgie, la musique et le pouvoir de savoir les reconnaître lorsqu’elles reviennent. Mettons un disque et voyons si les cigales crissent dans les collines avec les fugitifs Natural Four et leurs tubes bien ficelés, papillons de l’été qui ont tenu tant que leurs chansons étaient dans le top 10 de nos flirts, calés quelque part sur la bande FM, entre Stevie Wonder et The Impressions.