Inner City Blog


Badass fairy godmother
1 juillet 2011, 12:47
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Chocolat, brûlé, bois. Roussi, châtaigne, brun. Le café s’écoule d’un trait raide et sombre dans le verre. Le bruit sec du chocolat se brise sur les dents. Une poutre de chêne noir traverse un mur blanc. Le bras posé de Pam Grier chauffe, sur la plage, l’été.

Roy Ayers revient souvent ici. En locomotive, en machine volante, sous forme de fumée. Cette fois, c’est sous la forme d’une affirmation, brute, simple, groovy comme le film qui lui a donné naissance, où la panthère noire de Harlem soldait ses comptes, jadis, comme naguère, vieille école, avec une pétoire et des jambes rêvées.



Where to, mista ?
6 octobre 2010, 9:38
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Quasiment fébrile, mélodramatique, ironiquement sombre, l’ubiquitaire Roy Ayers rappellait en 1971 à ceux qui l’auraient oublié que nous vivons tous, pour notre part, à Brooklyn, quartier aux chaussures trouées, pyramide de cartes à jouer aux devantures extravagantes, village Potemkine aux épiceries de noctambules, cité utopique rock, enclave des papes funky traversée par des Cadillac caduques. Et que ce n’est pas si mal.

Posez le bras sur le vinyle et ouvrez les yeux.



The right to be light
24 juin 2010, 5:13
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Avait déjà été proclamé ici le droit à la légèreté, à la vie sans souci, au sifflement dans la rue… L’été enfin venu, le ciel vert du soir ayant repris ses assises sur nos journées, redisons-le une fois de plus avec Roy Ayers, nous laissant flotter avec lui dans une odorante fumée rose, agrémentée dans « Sensitize » d’une basse-continue de bonbons wah-wah, d’une basse électrique simple comme un cocktail sur lequel scintillerait le petit feu pétillant d’un vibraphone.

On peut alors goûter, comme Jean de la Croix, comme sur une plage des Seychelles, au long plaisir de faire la nuit en soi.



Night train
10 avril 2010, 12:33
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Roy Ayers est, dans les années 70, devenu le maître des feux de ces locomotives nocturnes qui traversent nos nuits, toutes lumières allumées, laissant derrière elles de longues et tortueuses traînées pourpres. Maître d’une funk faite d’électricité et d’un invraisemblable sens du swing, kaléidoscopique, bondissante, il a tracé, comme ici dans cet « Evolution » qui annonce un week-end de soleil, des rails qui transpercent avec bonheur nos vendredis soirs, non ?



Who’s back ?

La volupté un peu geek, un peu solitaire, d’écouter en boucle le titre oublié d’un vieux disque… Ce « Boogie Back« -là plane quelque part dans l’album Change Up The Groove, qui mérite une nuit entière d’addiction.

Est-ce la même volupté, inutile, suspendue dans le vide, purement orgueilleuse, de se rendre compte que l’affreuse bande de NWA a utilisé la petite guitare pincée, à peine tordue par une pédale, secouant son popotin derrière le vibraphone de Roy Ayers, dans le néandertalien « Fuck Tha Police » ?



Isn’t Jesus your homeboy ?
7 mars 2010, 1:11
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Aucun évêque ne s’accordera publiquement à dire que la messe du dimanche manque de groove, et pourtant… Lorsque Roy Ayers et ses choristes sucrées délivrent le message christique « He’s a supertar, yeah« , la foi revêt la robe d’une nuit enchantée, une nuit noire piquée d’étoiles trouée parfois par le halo orange et mouvant d’une lava-lamp.