Inner City Blog


Afternoon wandering

Avec cet été qui n’arrive pas, mettons nos blousons doublés, fourrons nos mains dans les poches et sortons errer dans les terrains vagues de nos villes. Nous ferons ainsi comme nos pères, s’ils ne se sont pas trop vite convertis à la lumière d’abattoir de la vie bourgeoise. Nous ferons ainsi comme nos grands frères, qui ont été tristes avant nous.

Le gamin londonien Michael Kiwanuka, supporter de Tottenham et de Bill Withers, s’y trouve avec une grande chanson pleine de cuivres nigérians, de flutes de San Francisco et d’appels à l’aide du maître d’hôtel Marion Black. Passer l’après-midi avec lui permet de savoir quoi faire de nos nuits.

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A fool in a rocketship trying to be Superman
12 avril 2010, 4:46
Filed under: Soul | Mots-clefs: , , , , , , , ,

Et pourquoi ne pas laisser entrer ici, comme par effraction, l’inquiétant William Pulliam, dit « Darondo », et son cortège de fantômes ? Trois 45 tours autour de 1971, quatre concerts, et pourtant le bon docteur Mabuse est une légende de la soul, un JD Salinger avec un visage noir et des yeux de manouche.

Après son dernier concert — une première partie de James Brown dans sa ville natale de San Francisco, tout de même —, il est rentré chez lui au volant de sa Rolls-Royce pour ne plus reparaître que des années plus tard, comme animateur d’une improbable émission de télévision sur le câble, où il prenait essentiellement l’apéro entouré de poulettes, puis musicothérapeute qui, fort de ses bourlingues autour du monde, et notamment aux îles Fidji où il a rencontré madame Darondo, a fait oublier son passé de maquereau de luxe de la Bay Area.



259 nights and then you die
6 mars 2010, 6:40
Filed under: Funk, Rock | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

On dit (mais qui dit ?), nous lisons partout, disons, que l’album live de la Band Of Gypsys de Jimi Hendrix, Billy Cox et Buddy Miles est l’œuvre la plus marquée par le funk du gaucher de Seattle. Formation entièrement noire, pas d’Anglais — enfin pas d’Anglais —, les volutes vocales du batteur à base de tootoowoo-yeah, la basse obstinée digne d’une main gauche de Jean-Sébastien Bach, admettons.

C’était le 31 décembre 1969 et le 1er janvier 1970, au Fillmore East, ce théâtre de San Francisco qui n’avait plus qu’un an à vivre, un peu plus que Jimi Hendrix, mort en septembre et qui n’a pas vu 1971… « Happy new year first of all », a-t-il lancé après Who Knows, le lingot d’or filmé ici. « If we make it over the summer, gninhinhin… », a-t-il ricané avant d’entamer la ritournelle du diable baptisée Machine Gun et d’épuiser la 259ème soirée avant sa mort.