Inner City Blog


Adult party

Dès la vingt-septième seconde, elle saisit la mesure du génie et l’on peut voir, vraiment voir, la gifle versicolore frapper sa joue droite et faire pivoter son beau visage. Puis elle disparaît et les adultes prennent possession de l’espace. L’enfant, assise, les genoux repliés sur sa poitrine devant la famille Stone, se laisse enduire par l’esprit de Sly le faune, qui dévide sa pelote comme l’homme-orchestre, le bateleur de foire, le troubadour érotique qu’il est, « Hot Fun In The Summertime », « Don’t Call Me Nigger, Whitey » et « Higher », enchaînés l’un à l’autre comme une corde dorée sur laquelle on aurait tressé des rubans de couleurs criardes.



Irregular appearances

Le génie s’acoquine avec l’indigence, comme deux sœurs un peu sorcières que tout le monde fuit et qui dans leur splendeur gâchée terrorisent leur entourage. Mieux vaut pourtant ne pas se fier aux apparences.

Car quand il ne reste qu’une vieille moto et des allocations chômage pour toute possession, on peut toujours aussi bien rester le J.D. Salinger de la funk, disparu depuis toujours, reparaissant par intermittence pour terroriser les producteurs, s’évanouissant de nouveau dans les fumées mauves de sa propre légende. Oui, Sylvester Stewart, alias « Sly Stone », vit paraît-il aujourd’hui quelque part dans une baraque paumée de la très recluse Napa Valley, avec deux « assistantes » que personne n’a jamais vues et des procès en cascade. Lorsqu’il revient parmi les vivants, c’est pour se moquer de nous.

Il a ça, malgré tout, dans les poches : l’invention de quelque chose, mais quoi ?



Niggaz can pop
15 mars 2010, 6:37
Filed under: Soul | Étiquettes: , , , , , , ,

Sautillant, guilleret, faussement ricaneur et à l’aise dans un univers de plastique rose, Sly Stone prouve que si les Britanniques excentriques savent forcer les portes de la soul, les black dudes du Texas savent enfiler la veste cintrée de la pop.

Malgré la hideur grotesque du fond d’écran de cette vidéo surnage tout de même l’esprit des bottes blanches du héros, protagoniste volontaire d’une balade survolée par les trompettes de Burt Bacharach.



Definitely a family affair

Stoned, calmes, timides, les membres de la « Family » de Sly Stone se présentent avec peu d’ambition à Don Cornelius, le légendaire fondateur et animateur de l’émission Soul Train. En retrait, le chef du gang laisse parler son frère Freddy qui vient de signer chez Motown pour aller enchaîner les bides.

Les filles sourient et les hommes friment. La vie normale.

Puis le grand frère lance la locomotive dorée de « If You Want Me To Stay », sous son casque de cheveux et son chapissimo, prouvant à qui a bien voulu patienter, avec des modulations vaudous dans sa voix, qu’il n’est pas qu’un showman extravagant, qu’une créature de télévision vide comme une figurine funky que les enfants collectionnent et dont on fera, plus tard, les chiens savants qui phagocytent les baladeurs.

Vous devrez visionner cette vidéo sur YouTube pour des raisons qui me dépassent.