Inner City Blog


Erotic witchcraft

Il est étrange, extrêmement étrange, ce titre des 24-Carat Black, aussi étrange qu’une introspection de haschichin. Une voix de femme s’enroule autour d’une diabolique basse électrique du pays des merveilles. Une Alice tombe longuement, interminablement, au fond du puits des rêves, croisant des horloges, des chats, des théières et des automobiles.

« The Best Of Good Love Gone » ou la black soul cérébrale. Les yeux fermés sur un kaléidoscope psychédélique, incantant l’amour perdu, « le meilleur de l’amour envolé », les mains ouvertes et les épaules mouvantes comme celles d’une pythie, d’une magicienne. La Diotime de Socrate qui nous enseigne l’érotisme et le gospel.



Evident evidences
12 décembre 2010, 3:58
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Dans le grand stade de Los Angeles, sous un ciel tiède, la famille Staples assène des évidences. Les cheveux blancs du père, « Pop » Roebuck Staples, dominent le tout. La voix grillée de l’une de ses filles souligne avec majesté. L’évidence, c’est la lumière et la parole fiancées, comme ici.



Sunday night turn-on
21 septembre 2010, 3:21
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Une simple histoire de bail bondsmen, deux potes qui prêtent des cautions et récupèrent les payeurs récalcitrants, embringués dans une traque de super-maquereaux cruels, chacun sapé de manière plus pimpin’ good que l’autre, et des putes à 280 000 dollars : Truck Turner, c’est ça.

Pourquoi être allé acheter ce DVD pas cher, un dimanche ensoleillé, et l’avoir regardé dans la nuit, avec des cigarettes et du café ? Pour pouvoir jouir encore de la musique du générique signé Isaac Hayes, lequel se balade tout le film avec sa boule à zéro, sa barbe drue et un méchant petit blouson de jean.



The art of saying goodbye
3 juillet 2010, 12:18
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Avant de partir, pourquoi pas laisser derrière soi une trace, une fumée, un parfum, un titre qui hante l’esprit dans l’étouffoir des grandes villes, une poignée de mains ?

Isaac « Ike » Hayes nous aidera cette fois-ci, pour dire la joie de s’en aller et la certitude de revenir.



The right to be light
24 juin 2010, 5:13
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Avait déjà été proclamé ici le droit à la légèreté, à la vie sans souci, au sifflement dans la rue… L’été enfin venu, le ciel vert du soir ayant repris ses assises sur nos journées, redisons-le une fois de plus avec Roy Ayers, nous laissant flotter avec lui dans une odorante fumée rose, agrémentée dans « Sensitize » d’une basse-continue de bonbons wah-wah, d’une basse électrique simple comme un cocktail sur lequel scintillerait le petit feu pétillant d’un vibraphone.

On peut alors goûter, comme Jean de la Croix, comme sur une plage des Seychelles, au long plaisir de faire la nuit en soi.



The pilgrim

On remet un disque d’Otis Redding comme on retourne à Rome, avec des sandales de pèlerin. Une jubilation sourde, une densité puissante et magnétique, une sorte de possession angélique et païenne s’empare de la scène lorsqu’il chante, une sévère harmonie religieuse… Mais il y a aussi, c’est vrai, toujours eu quelque chose de triste, d’un peu funèbre, dans la mélancolie éraillée de ce fils de pasteur à mi-temps de Géorgie, comme le parfum d’encens qui flotte après les cérémonies à Trinita-dei-Monti.

Du reste, cet extrait d’une émission de télévision diffusée en direct dans la soirée du 9 décembre 1967 ne me contredira pas. Le lendemain après-midi de cette performance, Otis Redding et ses Bar-Kays ont perdu la vie dans un accident d’avion. Seul le trompettiste Ben Cauley, ici au fond à droite, avec des accents mexicains dans le souffle, a miraculeusement survécu au crash. Le bassiste James Alexander avait pris un autre avion.

Tous deux inventeront la funk moderne quelques années plus tard, toujours sous le nom des Bar-Kays, mais moulés dans des costumes inouïs et coiffés d’immenses afros décolorés.



Wah-Wah Odyssea
31 mars 2010, 4:36
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C’est beaucoup moins Isaac « Black Moses » Hayes qui brille des mille feux du soleil dans « Do Your Thing », cet incroyable titre en forme de générique de fin, cette descente hallucinée dans les excès du groove et du rock figurant en piste quasi-finale de la BO du film Shaft… que Charles Pitts, son guitariste.

C’est « Skip » Pitts aussi qui alluma sa wah-wah pour faire éclore le légendaire thème du film, que le grand frère Isaac Hayes avait accepté de mettre en musique en dépit de sa déception de n’avoir pas été choisi pour le rôle-titre. « Skip » Pitts encore, boucle d’oreille et tempes rasées brillant sur son crâne acajou, qui se promène avec nonchalance et force le long de « Soulville » ou des instrumentaux urbains de l’une des plus belles bandes originales qui aient été composées.

« Skip » Pitts enfin, qui est l’auteur de l’un des plus invraisemblables chorus de guitare qui aient été gravés sur vinyle, toute pédale et cervelle allumées, une odysée hendrixienne dans les bas-fonds du son Stax, ici à partir de 2 minutes 10 et malheureusement interrompu après 8 minutes d’échappée, mais avant la fin cataclysmique que l’on retrouve sur le disque.