Inner City Blog


Old precious rubbish

Dans le grenier, un matin d’ennui, il trouva sa visionneuse de diapositives, un vieux cadeau qu’il avait oublié depuis que sa grand-mère était morte, un après-midi, des années auparavant. Sans doute, avec les petites automobiles beiges Simca qu’il faisait naguère rouler droit sur les marches de la cave, avait-il décidé idiotement, quelque part dans les brumes de son esprit d’enfant, qu’il n’y toucherait plus de peur d’y revoir les jours passés ou, au moins, des images qui lui sauteraient au visage et agripperaient son cœur pour ne plus le lâcher des heures durant. Alors, il l’avait rangé entre les tranches pelucheuses de vieux livres. Pourtant, ce jour-là, il cala ses yeux dans les manchons de plastique et actionna la mollette qui faisait tourner les vignettes. Dedans, il n’est pas sûr aujourd’hui, mais il croit qu’il vit ceci :



Haunted house

Le soleil de l’été moleste les pierres blanches. Le vent de la mer conteste la journée. L’amant jadis habité par une femme a des yeux de maison hantée.

Dans le poste de radio de la voiture, les Temptations, en smokings et lunettes, disent la même chose. Au sommet des lacets de la route, le cœur s’arrête de battre un instant, puis repart. Le muret aux aloès tourne. Il n’y a personne, jusqu’à la grande ville, dans le golfe.

Ils l’ont déjà perdue, tous ensemble, et leurs sourires sont dévastateurs.



No, you ain’t
5 mars 2010, 9:30
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Il y a du groove sur ce plateau, dans les robes scintillantes des trois filles du quartier des Brewster-Douglas housing projects de Detroit, dans l’immense sourire et les épaules menues de Diana Ross, dans les noeuds papillons lamés des Temptations, dans ces nappes de woohoohoos, dans cette irrésistible petite guitare obstinée, dans ces cuivres étincelants comme la trompette des anges, dans le grain saturé de ces caméras de télévision…

Un duo comme celui-là se présente avec une révérence.